"Si celui dont j’étudie la langue ne respecte pas la mienne, parler sa langue cesse d’être un geste d’ouverture, il devient un acte d’allégeance et de soumission. " Amin Maalouf
Sultan Rabah Thabo Mbeki Djemila Bouhired Wole Sonyinka Empereur Menelik Empereur Menelick II Barack Obama3 Jerry Rawlings Helen Zille Cheik Diarra Almami Samory

Cameroun: le choléra sème la psychose à Ngaoundéré

par Salomon Kankili (Le Messager)


Le spectre du choléra qui sévit en ce moment dans le Nord et l’Extrême-nord va-t-il également s’abattre sur la Région « château d’eau » ? La question logique n’est pas seulement sur toutes les lèvres à Ngaoundéré, elle constitue d’ores et déjà une psychose dans les structures sanitaires de la ville où des centaines de cas de maladies gastriques sont signalisées ça et là. C’est la conséquence de l’assèchement brusque d’il y a 3 semaines des robinets dans les ménages et autres surfaces de la cité capitale de l’Adamaoua.

Selon Dr Aroga, directeur de l’hôpital protestant de Ngaoundéré (HPN) la situation pourrait s’empirer si rien n’est fait d’urgence. « Il est vrai que le nombre de malades a sensiblement augmenté dans notre hôpital ces dernières semaines. La majorité des cas enregistrés sont des maladies dues à la consommation d’eau de mauvaise qualité. Les patients nous disent lors des consultations qu’ils boivent l’eau des puits et des rigoles. Donc pour me résumer, les malades que nous recevons en ce moment souffrent de la typhoïde, des parasites intestinaux, des douleurs abdominales », confirme-t-il. Le directeur de l’Hpn indique davantage « qu’il n’y pas encore de cas de choléra » qui soit évocable.

Fait similaire à l’Hôpital régional de Ngaoundéré (HRN). Une source bien introduite révèle que « les malades du ventre sont reçus chaque jour que Dieu a créé. Ce sont des cas de pathologies liées à la consommation de la mauvaise eau. Certains souffrent de la diarrhée, des maux de ventre, d’indigestion ou même de douleurs abdominales ». Même si le directeur de l’HRN joint au téléphone n’a pas souhaité confirmer ni infirmer Le Messager à propos. Dr Dohod a tout simplement rassuré que des mesures hygiéniques sont prises pour éviter l’usage d’eau souillée au sein de l’HRN. Toute chose qui exposerait les malades à d’autres périls.

Au-delà de l’impact sur la santé, l’assèchement des robinets fait le calvaire des étudiants de la bourgade universitaire de Dang. Les « cop’s » ne savent plus à quel saint se vouer. Le bidon d’eau de l20 litres leur coûte maintenant 100 Fcfa. Même qu’il « saigner » pour obtenir de cette eau colorée de qualité douteuse. Autant le dire qu’à Dang, la vente exponentielle d’eau impropre à la consommation a le vent en poupe. C’est à prendre ou à laisser. Ceux qui préfèrent laisser justement n’ont d’autre choix que l’usage du fameux « lac de Dang » où sont déversées les chasses du campus universitaire. Comme l’avoue l’étudiant Aymar Awana, « à défaut de s’offrir une palette d’eau minérale, on s’en sert pour faire la vaisselle, la lessive et certains le boivent même».

Indifférence

Ce qui écœure, c’est le refus catégorique des responsables de la Camerounaise des eaux notamment le délégué régional, d’expliquer réellement ce qu’il en est.

Un sombre communiqué diffusé à la Crtv Adamaoua évoque maladroitement un glissement de terrain ayant entrainé la rupture de la canalisation du transport d’eau potable qui alimente la ville de Ngaoundéré. Le même communiqué prévoyait juste quelques « perturbations et manque d’eau dans certains quartiers» de Ngaoundéré. Aujourd’hui, nous en sommes au calvaire de l’ensemble des populations dans la ville et au-delà. Des langues parlent en revanche plutôt d’ « un buldozer appartenant à une société de construction routière sur l’axe Ngaoundéré-Meinganga, qui a sectionné la vanne de distribution générale de la Vina », desservant ainsi la ville de Ngaoundéré en eau. Qui plus est la firme espagnole mise en cause aurait volontairement prêté ses engins pour recoller les morceaux. D’ici là les pamphlets à l’encontre de la délégation régionale de la Camerounaise des eaux fusent de partout : « On nous coupe l’eau sans nous dire pourquoi exactement, en nous faisant croire que ce n’est que dans certains quartiers. Hier j’ai parcouru toute la ville, partout, aucune goute d’eau ne coule, on est obligé de se battre avec l’eau des puits qui n’est pas du tout potable», peste Nana Edwige. Colère d’autant plus légitime chez Laurent Aboubacar. L’employé de Radio de Sawtu Linjiila à Ngaoundéré est contraint à parcourir trois (3) kilomètres tous les jours : « je sors le matin à 5h pour avoir un récipient d’eau à 9h, et ce n’est pas du tout facile. On doit désormais débourser un minimum de 500fcfa par jour pour avoir de l’eau consommable », assène l’économe.


 

0 commentaire(s) || Écrire un commentaire

Revenir en haut de la page


Vidéos
Sôgha Niger - Fulbe
D.I.S.C.O. (Ottawan)
Discours extraordinaire de B. Obama
Le CFA : une bonne affaire pour la France!
2 feymen camerounais arrêtés aux USA
O. Sangaré
Fela : The Madmen of Africa
Expressions: