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Le lac Tchad se meurt...!
Le lac Tchad que Paul Biya a évoqué dans son discours est en train de disparaitre. Il suffit de comparaître les images satellites prises il y a quelques décennies et celles prises récemment pour saisir la gravité de la situation. Entre 1960 et 2006 il a été divisé par cinq, autrement dit il a perdu 80% de ses eaux, de sa flore et de sa faune. Les conséquences sont dramatiques pour tout les pays et les peuples qui vivent dans son bassin. Qu’ont fait les gouvernements responsables, pourtant bien informés de la situation ? Rien ! Le Cameroun, par exemple, a-t-il fait de la sauvegarde du lac Tchad une priorité nationale ? Non ! C’est à l’occasion de son discours pour la fête de la jeunesse de février 2010 que le Président Paul Biya trouve bon d’en parler, sans annoncer quoi que ce soit de concret. Il préfère passer la patate chaude à « la jeunesse » camerounaise, qui devra « un jour » s’en occuper. Les bergers peuls de l’Adamaoua disent « Ladde dho waata »,
la brousse se meurt ! Nulle part ailleurs que dans cette région connue
pour l’élevage et l’agriculture (céréales,
manioc, igname,…) on ne peut constater la véracité de ce
cri. Chaque année nos bergers sont obligés, pendant la saison sèche,
de descendre toujours plus au sud vers les vallées de la Sanaga pour
amener les troupeaux à la recherche de nourriture. Dans les années
80 il suffisait d’aller vers les sources du Lom ou d’autres cours
d’eau dans l’Adamaoua. Aujourd’hui il faut dans tout les cas
sortir de la région vers le sud. Paul Biya est au pouvoir depuis 1982, avant cela il a été un des piliers du régime Ahidjo pendant une vingtaine d’année. Presque 50 ans. Un bilan catastrophique. Mais le 11 février 2010 le Président a voulu montrer qu’il
redécouvre l’écologie. Nous sommes sceptiques, mais ne dit
on pas mieux vaut tard que jamais ?
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