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Cameroun: l'Epervier, un génial instrument au service du Prince?
Aucun citoyen sensé, qui aime son pays et se soucie de son avenir ne peut être contre la lutte pour moins de corruption. Cependant, lorsque l'on analyse les méthodes, les victimes et le timing de l'opération Epervier, on peut se poser des questions sur les motivations et la stratégie du Prince. Dans la stratégie de conquête et de conservation du Pouvoir, le président camerounais Paul Biya a montré à plusieurs reprises que, excepté une poignée très réduite d'ultra-fidèles sur lesquels est posée sa paire de fesses (comme dirait Laurent Gbagbo), chacun peut être sacrifié. Classé année après année parmi les pays les plus corrompus de la Planète, le regime camerounais se doit de donner des gâges de lutte contre le fléau, surtout en ces moments où ses responsables de la Sécurité semblent voir des complots partout. Avec la rédoutable machine à truquer les élections mise en place dépuis des décennies, une victoire "élctorale" en 2011 semble assurée. Cependant tous les responsables du régime savent bien que la société camerounaise est prête à exploser, tellement l'injustice sociale est criante.
le Capitaine ne doit en aucun cas couler avec le bateauA propos du Prince, les évenements survenus ces dérniers mois dans le cadre de l'opération dite "Epervier" me font penser à quelques citations de Machiavel que j'ai lues il y a quelques années et je me demande bien, lesquelles de ces citations les victimes du célèbre Rapace ont dû oublier pour tomber ainsi dans le piège. "La fortune ne change que pour ceux qui ne savent pas se conformer au temps" ? Ou bien "Je crois qu'il est plus sûr d'être craint que d'être aimé" ? Ou enfin, sachant que Paul Biya se considère comme un grand homme, "les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gager". Madame Haman Adama est sans aucun doute une des "militantes" les plus fidèles du RDPC, le Parti-Etat crée par et pour Paul B. Biya et qui a ses tentacules dans toute la vie politique du Cameroun.
Il suffit de visiter les quartiers VIP de quelques prisons camerounaises, notamment Kondengui (Yaoundé) et New-Bell (Douala), pour se convaincre que l'air peut devenir rapidement malsain à respirer lorsqu'on oublie les léçons de Machiavel. Le Prince, lui, ne les oublie jamais. Si certains l'oublient, le Prince lui garde toujours à l'esprit cette maxime salutaire: le Capitaine ne doit en aucun cas couler avec le bateau. C'est pas biya, c'est son entourage ?Il n y a pas longtemps je lisais des prises de position de certains barons emprisonnés qui chantent encore la celèbre rengaine "ce n'est pas le Prince, c'est son entourage". C'est parce qu'il a été intoxiqué à leurs sujets que le Chef de l'Etat a laissé l'Epervier les attraper. En attendant que le Prince soit illuminé, certains se posent des questions, comme le faisait il ya quelques temps Titus Edzoa, cerveau maléfique puis victime dévenue emblématique du Prince: "comment expliquer que, depuis bientôt treize (13) ans, une simple démission d’un gouvernement, rehaussée d’une conforme candidature à une élection présidentielle (candidature, sic!), de la part d’un citoyen ordinaire jouissant de tous ses droits, ait pu induire une si terrifiante implosion de système, dont l’onde de choc se condamne encore aujourd’hui à tout broyer et balayer sur son passage, dans un élan apocalyptique irrationnel de destruction aveugle, de haine, de terreur et d’horreur? Peut-il y avoir une réponse?", se demande-t-il. Tombé entre les dents du regime qu'il a si fidélement servi, celui-ci est en train de le broyer lentement dépuis 1997. Alors il a fini par remarquer ce que d'aucuns dénoncent dépuis longtemps, à propos de la Justice aux ordres, "la dite magistrature, depuis l’infortune, avait été aussitôt prise en otage, se réduisant à des comparses dignes de véritables pantins, se métamorphosant en une obscure et grossière cagoule d’individus désormais démasqués". Mais il fait toujours semblant de ne pas voir la vraie nature du Prince: "Enfin, comment aurais-je pu parfaire cette déclinaison sans me référer, avec tout le respect et la considération à lui dévolus, au personnage incontournable, incarnation des institutions Républicaines: le président de la République? En tant que président du Conseil Supérieur de la Magistrature, est-il réellement informé de cette infamante et macabre kermesse? Certains séides autoproclamés de son entourage l’incrimineraient, avec lâcheté, d’être lui-même l’artisan, la main invisible, dont ils ne seraient que de simples exécutants pour le moins rigoureux. Jamais je n’oserais y croire! Serait-ce de la naïveté de ma part? A moins que ces longues années de dur labeur n’aient réussi à écorcher tant soit peu ses lumineuses convictions de naguère, lui dont les Camerounais avaient fait leur icône de référence, référence de la Vertu républicaine, référence de la Liberté, de la Vérité et de la Justice…" Que dire, sinon encourager les uns et les autres ? Un seul mot: continuez!
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